Consolider la plateforme d'outils de prospective

La vocation centrale de la Chaire MPDD reste la construction d’outils numériques capables de produire des images cohérentes du futur et des sentiers de transition vers ces images de façon à éclairer le décideur, public comme privé, sur les conséquences sur le moyen, le long et le très long terme des décisions prises aujourd’hui. Le cœur du dispositif réside dans l’articulation entre des modèles d’optimisation et des modèles d’équilibre général hybrides. Son objectif est d’assurer

  1. un dialogue entre approches d’ingénieurs et approches économiques,
  2. la prise en compte des interfaces entre le secteur énergétique, d’autres secteurs d’activités concernés par les enjeux de développement durable et la dynamique macroéconomique et
  3. la capacité de travailler à plusieurs échelles géographiques et de réconcilier différentes échelles temporelles.

 
Le renforcement de la capacité de dialogue entre modèles d’ingénieurs et d’économistes s’effectuera dans deux directions :

  1. une nouvelle vague de construction de matrices de comptabilité ‘hybrides’ assurant la compatibilité entre comptabilité sociale, bilans énergétiques, indicateurs physiques d’activité et données sur la distribution des revenus ; 
  2. l’exploitation de la déclinaison des versions régionales de TIMES et des potentialités du bouclage macro MarkAl-MACRO et d’IMACLIM-S/Nexus, en particulier après la finalisation du couplage TIAM - IMACLIM-S pour l’Europe.

 
Le développement des interfaces entre énergie et d’autres domaines d’activité portera sur :

  • L’intégration des arbitrages sur les usages de l’eau dans plusieurs secteurs (énergie, industrie, agriculture) pour explorer les tensions qui en résultent, et la manière dont le changement climatique est susceptible de les exacerber ;
  • Une prise en compte plus fine dans les modèles des biocarburants et des technologies de capture et séquestration du carbone (CCS) afin de cerner les contraintes au déploiement de ces filières techniques à plusieurs échelles et d’examiner comment l’affectation d’une part croissante des sols aux usages non alimentaires se répercute sur les rentes foncières et les prix des aliments ;
  • L’intégration des dynamiques urbaines (modèles d’agglomération urbaine et modèles de systèmes de villes) pour mieux cerner la formation des besoins de mobilité, les cohérences techniques entre forme des villes et choix modaux et in fine les demandes de carburant classique. L’enjeu est, en sus de la prise en compte des marchés de l’énergie, de l’immobilier et du travail dans un même cadre, d’introduire de façon explicite les infrastructures de transports et leur impact sur les dynamiques spatiales à l’échelle inter et intra urbaine comme à l’échelle internationale ;
  • Le développement d’une représentation minimale i) des circuits financiers pour intégrer les flux de capitaux et les décalages entre la formation de l’épargne et son re-investissement en activités industrielles et infrastructures et ii) des dettes des Etats pour tenir compte des contraintes sur les financements publics.

La spatialisation et l’articulation d’échelles temporelles visera à saisir les implications de politiques qui se déploient nécessairement à plusieurs niveaux, du global jusqu’au local, et l’impact de phénomènes de différentes natures. Cette intégration soulève néanmoins des obstacles méthodologiques importants, que l’on abordera à l’occasion de trois thématiques principales :

  1. la modélisation des réseaux pour la gestion des sources de production intermittente d’électricité [cf. section II] à travers une réconciliation d’approches de court et long terme et des échelles spatiales;
  2. la prise en compte des infrastructures de transport et de l’hétérogénéité des sols [cf. supra] ;
  3. la « descente d’échelle » entre modèles d’équilibre général globaux et les modèles d’équilibre aux échelles nationales.